CosyFood

Référentiel de durabilité

Pourquoi un référentiel de durabilité?

La durabilité d’un système alimentaire, c’est quoi finalement? Qu’est-ce que cela implique concrètement dans la pratique pour une filière de distribution et l’ensemble des acteurs qui y sont impliqués ? Quelles sont les questions à se poser et les réflexions à engager pour appréhender la durabilité ?

Avec le référentiel de durabilité CosyFood, nous avons voulu proposer un appui pour la réflexion et lister des balises pour répondre à ces questions. Il est le fruit de deux années de co-création entre les quatre partenaires CosyFood, leurs producteurs et fournisseurs et leurs consommateurs.

Cette expérimentation a permis de cerner la complexité de la notion de durabilité, sa nature transversale et multidimensionnelle, mais aussi son caractère évolutif et contesté, selon les contextes et les publics. Le résultat obtenu est une photo à un temps t du consensus établi entre les partenaires du projet. Il a une valeur de référence, mais pas une valeur absolue. Dans le cadre du projet, ce référentiel a servi de base pour construire des outils plus concrets, et pour servir d’appui à une évaluation de la durabilité des trois filières alimentaires impliquées.

La durabilité est un concept contesté. Nous avons expérimenté ensemble cette contestation, pour nous mettre d’accord sur un ensemble d’éléments. Le référentiel a aussi pour objectif de générer cette contestation dans d’autres contextes, et se présente comme une référence solide mais qui n’est pas figée. Davantage que comme un produit définitif, nous vous conseillons d’accueillir le contenu de ce référentiel comme une proposition. C’est pourquoi, les principes, critères et indicateurs de durabilité vous sont présentés de façon ouverte. Ils pourront vous apparaître plus ou moins pertinents selon votre propre expérience et votre propre connaissance de la thématique. A vous d’en juger, d’une certaine façon.

Finalement, ce référentiel est une invitation à la réflexion. Sur base du contenu du référentiel, nous vous invitons à appliquer à votre propre projet les questionnements et réflexions auxquels il invite. Quels échos les principes et critères de durabilité proposés génèrent-ils au sein de votre projet, de votre situation personnelle ? Les éléments à analyser sont-ils appropriés à cette situation propre ? Si non, comment les adapter ?

La logique à trois niveaux

La construction du référentiel à été un processus de co-création de presque deux ans entre les partenaires de projet, leurs producteurs et fournisseurs et leurs consommateurs.

Pour structurer la discussion, nous nous sommes servis du cadre PCI (Principes, Critères et Indicateurs).

Ce cadre suit donc une logique hiérarchique à trois niveaux :

  • Les Principes donnent le cadre général de ce qu’on entend par « durabilité d’une filière alimentaire ». Ils constituent les objectifs de durabilité à atteindre. Ils sont théoriques, mais ancrés dans les réalités quotidiennes et les valeurs des partenaires du projet CosyFood. Le caractère normatif, orienté, parfois radical du référentiel est tout à fait assumé. Il s’agit, avec le projet, de construire le socle d’une évaluation qui se veut au plus près des préoccupations des acteurs concernés.
  • Les Critères sont les conditions de respect des Principes. Ils rendent les Principes plus concrets.
    Nous avons retenus deux types de conditions de respect des principes : des performances à atteindre et des pratiques à mettre en œuvre. Ces deux types de critères permettent une autoévaluation de l’état de durabilité conjugué à une autoévaluation des pratiques concrètes mises en œuvre. Les critères de durabilité, qu’ils soient « performance » ou « pratiques » peuvent être des conditions de respect de plusieurs principes. De même, certaines pratiques permettent d’atteindre le seuil de plusieurs performances.
  • Enfin, les Indicateurs initient le passage du référentiel – à l’outil d’évaluation. Les Indicateurs sont des mesures des Critères. Là où pour chaque critère de performance, nous avons défini un seul indicateur de performance, les critères de pratique sont souvent mesurés par plusieurs indicateurs. Ensuite, pour chaque indicateur, nous avons défini des ’zones à risque’. Ces ’zones à risque’ se définissent comme des guides à l’interprétation. Trois couleurs – vert, jaune, rouge – indiquent dans quelle mesure le système ou le projet évalué s’aligne sur la vision véhiculée par le référentiel.

Les Principes

Les principes constituent les objectifs de durabilité à atteindre. Ces principes d’action sont théoriques, mais ancrés dans les réalités quotidiennes et les valeurs des partenaires du projet CosyFood. Le caractère normatif, orienté, parfois radical du référentiel est tout à fait assumé. Il s’agit, avec le projet, de construire le socle d’une évaluation qui se veut au plus près des préoccupations des acteurs concernés.

14 Principes de durabilité

Nous avons déterminé 14 principes de durabilité . Pour chaque principe, nous vous proposons une ficher descriptive, qui reprend les critères qui lui sont associés, et les indicateurs correspondants.

Les Critères

Les critères sont les conditions de respect des principes. Nous avons retenu deux types de conditions de respect des principes : des performances à atteindre et des pratiques à mettre en œuvre. Ces deux types de critères permettent une autoévaluation de l’état de durabilité conjugué à une autoévaluation des pratiques concrètes mises en œuvre.

Les critères de durabilité, qu’ils soient de « performance » ou de « pratiques » peuvent être des conditions de respect de plusieurs principes. De même, certaines pratiques permettent d’atteindre le seuil de plusieurs performances. Les influences multiples entre un critère et plusieurs principes et entre une pratique et plusieurs performances illustrent la complexité et la nature transversale de la durabilité. Les relations entre les éléments du référentiel sont à ce stade des hypothèses que nous n’avons pas systématiquement vérifiées. Nous vous invitons d’ailleurs à réfléchir et à établir vous-même des relations d’interdépendance entre les principes et critères, sur base de notre proposition de référentiel et selon votre expérience. Vous constaterez que cet exercice de réflexion peut déjà être vecteur d’actions au sein de votre contexte.

La liste des 55 critères est à télécharger et peut être utilisé comme support pour une discussion plus approfondie sur la durabilité d’un système alimentaire

« La flexibilité est une qualité de cette liste. Ce caractère « flexible » tient sa source dans l’importance donnée à l’échelon des critères plutôt qu’à la hiérarchie Principes-Critères dans son ensemble. Cette volonté est née des tensions liées aux finalités du projet où certains ne voulaient pas être associés à une certaine vision de la durabilité. En décidant de dresser une liste « totale » de critères et de pouvoir réinterroger la hiérarchie par la suite, nous avons pu surmonter des blocages identitaires ou philosophiques sur la hiérarchie à choisir – et donc sur l’orientation politique véhiculée par la vision que nous construisons. Ce constat doit être vu comme une force car c’est ce qui nous a permis de travailler ensemble, en plaçant la limite de ce qui est partagé à l’ensemble des problématiques importantes à évaluer, sans chercher à trouver un accord sur ce qui, dans cet ensemble est « le » plus important ». Réflexion d’un partenaire lors d’une réunion d’évaluation

Les Indicateurs

Les indicateurs initient le passage du référentiel à l’outil d’évaluation. Les Indicateurs sont des mesures des Critères. Là où pour chaque critère de performance, nous avons défini un seul indicateur de performance, les critères de pratique sont souvent mesurés par plusieurs indicateurs. Ensuite, pour chaque indicateur, nous avons défini des ’zones à risque’. Ces ’zones à risque’ se définissent comme des guides à l’interprétation. Trois couleurs – vert, jaune, rouge – indiquent dans quelle mesure le système ou le projet évalué s’aligne sur la vision véhiculée par le référentiel.

Les scores obtenus ne peuvent pas être interprétés de façon isolée et ne sont pas à prendre comme des jugements en soi. Tout au long du projet, la transversalité des critères, les interdépendances entre critères et la nécessité de regarder les filières comme des (éco-)systèmes, ont été au cœur de la préoccupation des partenaires et de leurs parties prenantes (producteurs, fournisseurs et consommateurs). Ainsi, les seuils proposés ne sont pas à interpréter comme des jugements qui donnent un avis concluant sur la durabilité de tel ou tel aspect, mais plutôt une indication sur les ‘zones de risque’.

Les ‘zones à risque’ sont à interpréter comme une invitation à s’expliquer et argumenter davantage par rapport au sujet évalué. Ils invitent à s’interroger si les mesures nécessaires sont prises pour faire en sorte que ce risque soit suffisamment limité/encadré/conscientisé.

Avec cette notion de ‘zone à risque’, on veut prendre en compte la nature dynamique de la notion de durabilité. Effectivement, LA durabilité, n’existe pas en soi et ce qui est considéré comme durable pour une société (ou sous-culture) à un moment donné ne l’est pas pour une autre société ou à un autre moment. La notion de durabilité est une construction sociale et les avis et la compréhension changent et son interprétation se fait dans un contexte plus ou moins précis.

Le référentiel partage donc l’aboutissement de nos réflexions et donne des lignes directrices pour la durabilité de filières alimentaires alternatives actives à Bruxelles.

CosyFood - Indicateurs et zones à risque